Type de cheveux
comment identifier le sien, vraiment
La courbure ne fait qu’un quart du diagnostic. Voici les trois autres critères, et le protocole pour se situer.
La classification en quatre familles — lisse, ondulé, bouclé, crépu, avec les sous-types a, b et c — décrit uniquement la courbure du fil, déterminée par la forme du follicule. Elle ne dit rien de la porosité, de la densité ni de l’épaisseur du cheveu, qui expliquent pourtant la plupart des routines qui échouent. Pour se situer honnêtement, il faut observer des cheveux lavés, séchés à l’air libre, sans aucun produit coiffant.
- Quatre familles : type 1 lisse, type 2 ondulé, type 3 bouclé, type 4 crépu. Sans hiérarchie.
- Plusieurs types par tête : c’est la norme. On retient le motif majoritaire.
- La porosité : le critère qui explique le plus d’échecs, et le seul qui évolue avec les traitements.
- Densité ≠ épaisseur : beaucoup de cheveux fins, ou peu de cheveux épais, ce n’est pas pareil.
- Le test à faire : cheveux lavés, aucun produit, séchage à l’air sans y toucher.
Ce que « type de cheveu » veut dire, et ce que ça ne dit pas
Un type de cheveu décrit une seule chose : la forme que prend le fil en poussant. Pas sa santé, pas son épaisseur, pas sa capacité à retenir l’eau.
Cette forme vient du follicule, la petite structure du cuir chevelu d’où sort le cheveu. Un follicule à section ronde et implanté droit produit un fil lisse. Plus le follicule est ovale, aplati et courbé, plus le cheveu s’enroule sur lui-même. C’est déterminé bien avant qu’on choisisse un shampooing, et aucun soin ne le change.
La classification en quatre familles est attribuée au coiffeur américain Andre Walker et s’est diffusée à partir de la fin des années 1990. Il vaut la peine de savoir d’où elle vient : elle est née dans un cadre commercial, adossée à une gamme de produits, et les sous-types a, b et c ont été précisés ensuite par les communautés de personnes aux cheveux texturés qui s’en sont emparées. Ce n’est pas une classification médicale, et elle n’a jamais prétendu l’être.
Elle reste utile : c’est un vocabulaire commun, pas un diagnostic complet. Savoir qu’on est « 3b » ne dit rien de ce dont vos cheveux ont besoin. Trois autres critères s’en chargent, et on y vient.
L’échelle de 1 à 4
lisse, ondulé, bouclé, crépu
Quatre familles, aucune hiérarchie entre elles. Chacune a ses contraintes propres, et le mot « facile » n’a pas grand sens ici. Une précision qui vaut pour les quatre : plus le fil est enroulé, plus le sébum produit par le cuir chevelu peine à descendre le long de la fibre. C’est l’explication communément admise de la sécheresse croissante des types 3 et 4, et elle éclaire l’essentiel des différences qui suivent.
Le cheveu lisse
Forme : tombe droit de la racine à la pointe, sans vague, même séché à l’air libre. Conséquence : le sébum circule sans obstacle, les racines regraissent vite, les longueurs sont rarement sèches. Difficulté principale : le volume, pas l’hydratation.
Le cheveu ondulé
Forme : une vague ouverte, souvent en S allongé, plus marquée en séchant. Conséquence : c’est la famille la plus sensible à l’humidité de l’air, qui fait varier la vague dans la même journée. Difficulté principale : l’ondulation s’écrase sous une texture trop riche.
Le cheveu bouclé
Forme : une spirale nette et identifiable, du large tire-bouchon à la boucle serrée. Conséquence : la fibre commence à manquer d’hydratation naturelle. Difficulté principale : les frisottis, qui apparaissent quand la couche externe se soulève — pas parce que la boucle serait mal formée.
Le cheveu crépu
Forme : enroulement très serré, en zigzags ou en petites spirales parfois visibles seulement de près. Conséquence : la famille la plus sèche, et la plus fragile aux points de courbure. Difficulté principale : préserver la longueur. Le rétrécissement apparent est normal, pas un défaut.
Les routines propres à chaque famille sortent du cadre de cette page — le site leur consacre des guides séparés, et il y a de quoi dire sur chacune. Ici, on cherche seulement à savoir où l’on se situe.
Les sous-types a, b et c
utiles, sans s’y enfermer
À l’intérieur de chaque famille, la lettre indique le resserrement. Le a correspond à la forme la plus lâche, le c à la plus serrée. Un 2a est presque lisse avec une ondulation légère, un 2c ondule fortement et frise par endroits. Un 3a forme de larges boucles souples, un 3c des spirales serrées et denses.
Ce niveau de détail sert vraiment à quelque chose : il explique pourquoi une technique qui marche à merveille chez une amie ne donne rien chez vous, alors que vous vous décrivez toutes les deux comme « bouclées ».
Il a aussi une limite, et elle est de taille. Presque personne n’a une seule nature de cheveu. La nuque est souvent plus serrée que le dessus du crâne, les tempes plus fines, le contour du visage plus lâche à force de frottements et de manipulation. Trouver deux ou trois sous-types sur la même tête, c’est la norme.
D’où la façon de faire : on identifie le type majoritaire, celui qui occupe le plus de surface, et on traite les zones différentes comme des cas particuliers. Chercher une case unique ne mène nulle part.
Les trois critères que la classification oublie
C’est ici que se joue l’essentiel, et c’est ce que la plupart des pages passent sous silence en enchaînant directement sur des produits.
La porosité, ou la capacité à retenir l’eau
La porosité décrit à quel point la couche externe du cheveu, faite d’écailles superposées, laisse entrer et sortir l’eau. Écailles bien plaquées, la fibre repousse l’eau : elle met du temps à se mouiller sous la douche, du temps à sécher, et les produits ont tendance à rester en surface sans pénétrer. Écailles soulevées, c’est l’inverse exact : le cheveu absorbe très vite, sèche très vite, et se déshydrate tout aussi vite.
C’est le critère qui explique la majorité des routines qui ne donnent rien. Deux personnes de type 3b avec des porosités opposées n’ont pas besoin des mêmes textures : l’une trouvera étouffant exactement ce qui manque à l’autre. Tant qu’on raisonne en type de boucle uniquement, cette contradiction reste incompréhensible.
Et c’est le seul des quatre critères qui bouge vraiment de votre fait. Colorations, décolorations, lissages chimiques et chaleur répétée soulèvent la cuticule et augmentent la porosité, souvent de façon durable. Une chevelure très colorée n’a plus la porosité qu’elle avait deux ans plus tôt, ce qui explique qu’une routine autrefois efficace cesse de l’être sans raison apparente.
Votre type de boucle ne changera pas. Votre porosité, si — et c’est elle qui décide de ce que vos cheveux acceptent. Une routine qui « ne marche plus » signale souvent une porosité qui a évolué, pas un mauvais choix de départ.
La densité, une question de nombre
La densité, c’est la quantité de cheveux sur le crâne, pas leur épaisseur. Une chevelure peut être très fournie et composée de fils très fins, ou clairsemée avec des fils épais.
L’observation la plus simple : regardez combien le cuir chevelu se voit sur cheveux secs et non coiffés. Très visible, la densité est faible. Difficile à apercevoir sans écarter les mèches, elle est élevée. C’est ce critère qui détermine la coupe qui tiendra, bien plus que la forme de la boucle.
L’épaisseur du fil, à ne pas confondre avec le volume
L’épaisseur concerne un cheveu isolé. Un cheveu fin casse plus facilement, supporte mal les textures lourdes et perd sa forme sous le poids. Un cheveu épais résiste mieux mais met plus de temps à s’imprégner d’eau comme de soin, et peut paraître raide s’il est coupé trop court.
Beaucoup de personnes se croient « à cheveux épais » parce qu’elles en ont beaucoup. Deux notions distinctes, et l’erreur mène droit à des produits trop riches pour une fibre fine.
Identifier sa nature de cheveu chez soi
le protocole
Un test bâclé donne un résultat faux, et c’est le cas de la plupart des tests faits en vitesse devant le miroir. Les conditions comptent autant que l’observation, alors les voici dans l’ordre.
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Laver avec un shampooing doux, et rien d’autre
Ni après-shampooing, ni masque, ni soin sans rinçage. Tout résidu alourdit la fibre et referme les boucles : vous observeriez le résultat d’un produit, pas votre cheveu.
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N’appliquer aucun produit coiffant
Pas de crème, pas de gel, pas de sérum, pas d’huile. C’est frustrant, c’est temporaire, et c’est la condition pour que le test veuille dire quelque chose.
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Sécher à l’air libre, sans y toucher
Pas de serviette frottée, pas de sèche-cheveux, et surtout pas de mains dans les cheveux pendant le séchage. Manipuler une chevelure en train de sécher casse la forme naturelle et fausse tout le reste.
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Observer zone par zone, une fois complètement sec
Regardez séparément le dessus du crâne, les côtés et la nuque. Retenez le motif majoritaire, et notez les zones qui s’en écartent : ce sont elles qui vous demanderont un traitement à part.
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Évaluer l’épaisseur sur un cheveu tombé
Roulez-le entre le pouce et l’index. Si vous le sentez à peine, il est fin ; s’il se perçoit nettement, il est épais. Le comparer à un fil de couture ordinaire donne un repère fiable.
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Estimer la porosité, en se méfiant du verre d’eau
Le test qui consiste à déposer un cheveu dans un verre d’eau est empirique et discuté : le résultat dépend des résidus, de la tension de surface et de la façon de le déposer. Prenez-le comme un indice. Vos deux vraies mesures sont le temps que mettent vos cheveux à être vraiment mouillés sous la douche, et leur temps de séchage.
Croiser les quatre critères, concrètement
Vous avez maintenant quatre résultats. Séparément, ils ne servent pas à grand-chose : c’est leur combinaison qui explique le comportement de vos cheveux. Trois cas fréquents, pour montrer comment ça se lit.
| Combinaison | Ce que vous constatez | Ce que ça implique |
|---|---|---|
| Fibre fine, porosité faible | Longue à mouiller, longue à sécher, retombe à plat dès qu’on applique quelque chose | Textures légères, quantités réduites, application sur cheveux très humides plutôt qu’essorés |
| Fibre épaisse, porosité élevée | Absorbe instantanément, sèche vite, redevient sèche en quelques heures | Textures plus riches acceptées, mais renouvellement fréquent ; la chaleur aggrave le phénomène |
| Densité élevée, boucles serrées | Volume important, séchage très long, démêlage laborieux | Travail en sections plutôt qu’en une fois, temps de séchage à intégrer au planning |
Aucune de ces lectures ne débouche sur un produit précis, et c’est volontaire. Elles disent une texture, une quantité, un moment d’application — trois paramètres qui se testent avec ce que vous avez déjà dans la salle de bain, avant de racheter quoi que ce soit.
Un type n’est pas figé, et il ne décide pas de tout
La forme du cheveu peut changer au cours d’une vie. La puberté, la grossesse et la période qui suit l’accouchement, la ménopause, certains traitements médicaux peuvent modifier la texture — parfois durablement, parfois le temps que les choses se replacent. Certaines personnes voient leurs boucles se relâcher, d’autres découvrent des ondulations qu’elles n’avaient jamais eues.
Les traitements chimiques, eux, agissent autrement : une coloration, une décoloration ou un lissage ne touchent pas au follicule. Ils modifient la fibre déjà sortie. Les racines repoussent selon le programme d’origine, d’où la coexistence de deux textures très différentes sur une même longueur — et l’impression, souvent, d’avoir « perdu » ses boucles alors qu’elles n’ont jamais cessé de pousser.
Connaître son type sert à comprendre pourquoi ses cheveux se comportent comme ils le font, et à écarter tranquillement les conseils qui ne s’adressent pas à soi. C’est déjà beaucoup. Ce qui vient ensuite — la routine, la coupe, la fréquence de lavage — se règle en croisant les quatre critères, puis en gardant ce qui tient sur plusieurs semaines plutôt que ce qui impressionne le premier jour.
Une dernière chose, qui ne relève plus du diagnostic capillaire : une chute importante, un cuir chevelu douloureux, des plaques ou des démangeaisons persistantes ne se règlent pas avec une routine. Ça, c’est un rendez-vous chez le dermatologue.
Peut-on avoir plusieurs types de cheveux en même temps ?
Oui, et c’est même la norme. La nuque est souvent plus serrée que le dessus du crâne, les tempes plus fines, le contour du visage plus lâche à cause des frottements quotidiens. Identifiez le type majoritaire, celui qui occupe le plus de surface, et traitez les zones différentes comme des cas particuliers.
Quelle différence entre 2c et 3a ?
Le 2c ondule fortement et frise par endroits, mais la vague reste ouverte, en S. Le 3a forme des boucles fermées, des spirales identifiables qui tiennent leur forme une fois sèches. La frontière est floue et beaucoup de personnes se situent entre les deux, sans que ça change quoi que ce soit en pratique.
Le test du verre d’eau est-il fiable pour la porosité ?
C’est un indice, pas une mesure. Le résultat dépend des résidus de produit, de la tension de surface de l’eau et de la façon dont le cheveu est déposé. Deux observations du quotidien renseignent mieux : le temps que mettent vos cheveux à être vraiment mouillés sous la douche, et leur temps de séchage.
Le type de cheveu peut-il changer ?
Oui. La puberté, la grossesse et la période qui suit l’accouchement, la ménopause et certains traitements médicaux peuvent modifier la texture, parfois durablement. Les colorations et les lissages, eux, n’agissent que sur la fibre déjà sortie : les racines repoussent selon le programme initial.
Densité et épaisseur, est-ce la même chose ?
Non, et les confondre mène à des produits trop riches. La densité est la quantité de cheveux sur le crâne ; l’épaisseur concerne un cheveu isolé. On peut avoir beaucoup de cheveux très fins, ou peu de cheveux épais.
Pourquoi les conseils pour mon type ne marchent-ils pas sur moi ?
Le plus souvent parce que la porosité diffère. Deux personnes du même type de boucle, l’une à cuticule plaquée et l’autre à cuticule soulevée, n’ont pas besoin des mêmes textures : l’une trouvera étouffant exactement ce qui manque à l’autre.
Reste une question que le tableau ne tranche pas : combien de temps êtes-vous prête à laisser sécher vos cheveux sans y toucher ?