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ChatGPT

la vraie adresse et comment repérer les copies

Une lettre manquante suffit à changer de site. La vérification tient en trois secondes, à condition de savoir où regarder.

Mains sur le clavier d'un ordinateur portable, carte bancaire tenue à proximité de l'écran
Réponse rapide

L’adresse officielle du service est chatgpt.com, avec un M final. Les adresses historiques chat.openai.com et chat.com redirigent vers elle. Une saisie incomplète peut en revanche conduire sur un domaine détenu par un tiers, qui affiche ce qu’il veut : la vérification se fait dans la barre d’adresse, jamais sur l’apparence de la page.

  • Une seule destination : trois adresses historiques mènent au même service, toutes les autres appartiennent à des tiers.
  • Le cadenas ne prouve rien : il atteste du chiffrement, pas de l’identité du site.
  • L’éditeur avant le nom : sur les boutiques d’applications, seul le nom de l’éditeur est difficile à usurper.
  • Un réflexe après incident : mot de passe, comptes où il était réutilisé, banque, signalement public.

L’adresse officielle, et pourquoi la confusion existe

Commençons par le plus utile : l’adresse officielle du service est chatgpt.com. Avec un M final. Toute autre terminaison est une autre adresse, qui appartient à quelqu’un d’autre et n’engage pas l’éditeur.

Une recherche du type « chatgpt co » correspond presque toujours à une saisie interrompue — une adresse tapée dans la barre du navigateur et abandonnée avant la dernière lettre, ou recopiée de mémoire. C’est une erreur banale, sans conséquence tant qu’on n’atterrit pas sur une page qui en tire parti.

La confusion a une seconde source, plus légitime. Le service a changé d’adresse au fil de son histoire. L’adresse historique en chat.openai.com a longtemps été la porte d’entrée, et de nombreux articles la citent encore comme l’adresse actuelle. Elle n’a pas disparu : elle redirige aujourd’hui vers chatgpt.com, tout comme l’adresse courte chat.com, acquise par l’éditeur. Trois portes, une seule destination.

Cette redirection est une bonne nouvelle pratique et un piège pédagogique. Bonne nouvelle, parce qu’un ancien signet continue de fonctionner. Piège, parce qu’elle installe l’idée qu’une adresse ressemblante mène forcément au bon endroit. C’est faux : une redirection existe parce que le propriétaire du domaine l’a mise en place. Un domaine détenu par un tiers ne redirige nulle part, il affiche ce que ce tiers a décidé d’y mettre.

Le réflexe qui règle 90 % du problème

L’erreur fréquente, c’est de vérifier l’apparence de la page plutôt que l’adresse qui l’affiche. Une page se copie en quelques minutes ; un nom de domaine, non. Tapez l’adresse une fois, correctement, enregistrez-la dans vos favoris, et cessez de passer par un moteur de recherche pour y revenir.

Le typosquattage, expliqué à partir de ce cas

Le mécanisme porte un nom technique un peu rébarbatif, mais il se comprend en une phrase : certains enregistrent des adresses volontairement proches d’une adresse très fréquentée, pour capter les visiteurs qui se trompent en la tapant.

Les schémas courants du procédé sont peu nombreux et suivent la géographie du clavier autant que celle de la langue. Une lettre manquante en fin d’adresse. Une lettre doublée. Deux lettres inversées. Un tiret ajouté au milieu. Une extension différente collée à un nom correct. Un mot ajouté qui sonne officiel, du type « login », « app » ou « France ». Prises isolément, aucune de ces variantes n’a l’air suspecte : c’est précisément l’intérêt du procédé.

Ce que ces pages cherchent varie, et il est utile de le savoir pour comprendre ce qui doit alerter. Certaines veulent des identifiants, en affichant un formulaire de connexion imitant celui du service. D’autres veulent un numéro de carte bancaire, en présentant un accès payant à un service qui ne l’est pas sous cette forme. D’autres encore proposent un fichier à télécharger, présenté comme une application, qui installe autre chose que ce qu’il annonce. Les dernières se contentent d’afficher de la publicité, ce qui est le cas le moins grave et le plus courant. Aucun de ces domaines n’est nommé ici, pour une raison pratique : le contenu d’une adresse tierce change d’un mois à l’autre, le mécanisme, lui, reste stable.

Reconnaître une page qui imite le service

Ce qu’il faut regarder dans la barre d’adresse

La vérification tient en trois secondes, à condition de savoir où regarder. Lisez le nom de domaine de droite à gauche, en partant de l’extension. Ce qui compte, c’est le bloc situé juste avant la première barre oblique : c’est lui qui identifie le propriétaire du site. Tout ce qui suit cette barre est décoratif et entièrement contrôlé par ce propriétaire.

Ce qui identifie

Avant la première barre oblique

Dans une adresse de forme https://exemple-officiel.com/connexion/compte, seul le bloc exemple-officiel.com désigne le propriétaire. C’est le seul élément à lire, et il se situe toujours juste avant la première barre oblique simple.

Ce qui ne prouve rien

Après la première barre oblique

Dans une adresse de forme https://autre-domaine.xyz/exemple-officiel.com/connexion, le nom attendu apparaît bien — mais dans la partie décorative, librement écrite par le propriétaire de autre-domaine.xyz. Le nom affiché ne prouve rien de sa provenance.

Le cadenas, de son côté, ne dit rien de l’honnêteté du site. Il indique que la connexion est chiffrée, pas que l’interlocuteur est celui qu’il prétend être. Un site frauduleux l’obtient sans difficulté, et le raisonnement inverse — « il y a un cadenas, donc c’est officiel » — est probablement la croyance la plus coûteuse en matière d’hameçonnage.

Méfiez-vous enfin de la porte d’entrée elle-même. Un lien sponsorisé en tête de résultats, un lien reçu par message, un lien affiché dans une publication sur un réseau social : ces chemins ne sont pas équivalents à une adresse saisie à la main.

Les demandes qui doivent faire reculer

Certaines sollicitations sont, à elles seules, un motif suffisant de fermer l’onglet.

Un paiement réclamé pour accéder à une fonction de base, d’abord. Le service dispose d’un usage gratuit après création d’un compte ; une page qui exige quelques euros pour « débloquer l’accès » ne peut pas être officielle.

Une connexion proposée par compte Google, Microsoft ou Apple sur une page dont vous n’avez pas vérifié le domaine, ensuite. Le procédé est légitime en soi et largement utilisé, ce qui le rend d’autant plus efficace entre de mauvaises mains.

Une urgence fabriquée, aussi : compte prétendument suspendu, offre expirant dans quelques minutes, avertissement de sécurité qui exige une action immédiate. La pression temporelle sert à empêcher la vérification, et c’est sa seule fonction.

Une demande d’informations sans rapport avec le service, enfin : numéro de sécurité sociale, pièce d’identité, coordonnées bancaires complètes pour un usage gratuit. À quoi s’ajoutent les incohérences de langue — mélange de registres, majuscules aberrantes, traduction approximative — qui restent des signaux exploitables même si elles se raréfient.

Applications, extensions et intégrations

La question se pose différemment sur mobile et sur ordinateur, et c’est là que les copies circulent le plus.

Sur les boutiques d’applications, le nom affiché ne suffit jamais. Ce qu’il faut lire, c’est le nom de l’éditeur, sous le titre : c’est le seul élément difficile à usurper. Une application reprenant le nom du service mais publiée par un éditeur inconnu n’a aucun lien avec lui, même si l’icône est identique et les avis flatteurs. Le nombre de téléchargements et l’ancienneté de la fiche donnent un second niveau de vérification, une copie récente affichant rarement un historique crédible.

Les extensions de navigateur méritent une prudence supérieure, parce qu’elles demandent des autorisations larges — lire et modifier les pages consultées, par exemple. Une extension installée sans vérification de son éditeur obtient un droit de regard sur l’ensemble de votre navigation, messagerie et espaces bancaires compris.

Pour celles qui sont déjà installées, la vérification se fait a posteriori et prend quelques minutes : ouvrez la page de gestion des extensions de votre navigateur, passez en revue la liste, et supprimez ce que vous ne reconnaissez pas ou ce que vous n’utilisez plus. Cette page indique aussi les autorisations accordées à chacune. Une extension dont vous ne vous souvenez pas et qui peut lire toutes les pages consultées n’a pas de raison de rester.

Restent les intégrations légitimes. Le service est accessible à travers des produits tiers parfaitement officiels — suites bureautiques, messageries professionnelles, outils intégrés à un système d’exploitation. Le critère reste le même que partout ailleurs : c’est l’éditeur du produit qui vous engage, et il est identifiable, pas la marque affichée sur la vitrine.

Ce qui est accessible sans payer

Un usage gratuit existe, après création d’un compte. Concrètement, il donne accès à la conversation elle-même, avec un volume d’utilisation encadré au-delà duquel les réponses ralentissent ou basculent sur des capacités réduites jusqu’au réarmement du quota.

Les formules payantes lèvent l’essentiel de ces limites et ouvrent des fonctions supplémentaires — capacités de traitement plus étendues, accès prioritaire aux nouveautés, outils destinés à un usage professionnel ou collectif. Les tarifs, les plafonds et les noms de version ne sont volontairement pas détaillés ici : ils changent plusieurs fois par an, et un chiffre recopié d’un article daté devient une information fausse déguisée en information précise. La page de tarification, consultée depuis l’adresse officielle, reste la seule source à jour.

Ce qu’il faut retenir tient plutôt à la forme de la transaction. Un abonnement se souscrit depuis un compte déjà créé, sur le site officiel, avec une facturation identifiable. Un accès vendu à l’unité, à quelques centimes ou quelques euros, par une page rencontrée dans une publicité, ne correspond à aucune modalité officielle.

Si vous avez déjà saisi vos informations

Cela arrive, y compris à des personnes attentives, et la réaction utile n’est pas de s’en vouloir mais de traiter la fuite dans l’ordre.

  1. Changer le mot de passe du compte concerné

    Depuis l’adresse officielle saisie à la main, jamais depuis un lien reçu par message ou par courriel.

  2. Changer celui des comptes où il était réutilisé

    C’est le point le plus souvent négligé, et le plus coûteux : la réutilisation transforme un incident isolé en série.

  3. Activer la double authentification

    En priorité sur votre messagerie principale : une adresse compromise permet de réinitialiser presque tous les autres comptes.

  4. Contacter votre banque si des coordonnées bancaires ont été communiquées

    Elle seule peut faire opposition et vous indiquer la marche à suivre pour contester une opération. Surveillez ensuite les relevés, y compris les petits montants, qui servent souvent à tester la validité d’une carte.

  5. Signaler

    Le dispositif public d’assistance aux victimes est accessible sur cybermalveillance.gouv.fr, et le guichet 17Cyber.gouv.fr propose un diagnostic en ligne et une orientation vers les démarches adaptées. En cas d’usage frauduleux d’une carte bancaire, la plateforme Perceval du ministère de l’Intérieur permet de déclarer les opérations concernées, y compris lorsque la banque a déjà remboursé.

Ces dispositifs publics sont gratuits, et le signalement prend quelques minutes. Un site qui propose d’effectuer ces démarches contre paiement relève exactement du problème qu’il prétend traiter.

La vérification d’une adresse coûte trois secondes ; sa réparation, plusieurs soirées.

Quelle est la vraie adresse de ChatGPT ?

Le service est accessible sur chatgpt.com. Les adresses historiques, dont chat.openai.com, ainsi que l’adresse courte chat.com, redirigent vers elle. Toute terminaison différente correspond à un autre nom de domaine, détenu par un tiers, et n’engage pas l’éditeur du service.

Le cadenas affiché par le navigateur garantit-il que le site est officiel ?

Non. Le cadenas indique que la connexion est chiffrée, pas que l’interlocuteur est celui qu’il prétend être. Un site frauduleux l’obtient sans difficulté. Le seul élément à vérifier est le nom de domaine lui-même, dans la barre d’adresse, en lisant le bloc situé juste avant la première barre oblique.

Faut-il payer pour utiliser le service ?

Un usage gratuit existe après création d’un compte, et des formules payantes coexistent avec des capacités et des plafonds différents. Les tarifs évoluent et se consultent sur la page officielle. En revanche, une page qui réclame quelques euros pour « débloquer l’accès » de base ne correspond à aucune modalité officielle.

Comment savoir si une application mobile est officielle ?

Le nom affiché ne suffit pas : il faut lire le nom de l’éditeur, sous le titre de la fiche. Une application qui reprend le nom et l’icône du service mais qui est publiée par un éditeur inconnu n’a aucun lien avec lui. L’ancienneté de la fiche et le volume de téléchargements donnent un second niveau de vérification.

Que faire après avoir saisi ses identifiants sur un site imitateur ?

Changez le mot de passe du compte concerné depuis l’adresse officielle, puis celui de tous les comptes où il était réutilisé. Activez la double authentification, en priorité sur votre messagerie. Si des coordonnées bancaires ont été communiquées, contactez votre banque sans attendre. Le signalement se fait sur cybermalveillance.gouv.fr ou via le guichet 17Cyber.gouv.fr, et Perceval permet de déclarer une fraude à la carte bancaire.