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New Life

de quel film parle-t-on, et que vaut celui de John Rosman

Trois œuvres portent ce titre. On trie d’abord, puis on parle du thriller sans rien divulgâcher.

Salle de cinéma déserte, rangées de fauteuils en bois sombre tournées vers un écran éclairé.
Réponse rapide

Le film le plus recherché sous le titre New Life est un thriller américain écrit et réalisé par John Rosman, produit en 2023 et sorti en salles aux États-Unis en mai 2024, avec Sonya Walger et Hayley Erin. Il suit en parallèle une jeune femme qui remonte vers le nord et la professionnelle chargée de la ramener. Un autre film porte exactement le même titre : un drame romantique de 2016 signé Drew Waters, qui n’a aucun rapport.

  • Le thriller de 2024 : environ 1 h 25, premier long-métrage de John Rosman, accueil critique favorable.
  • Le drame de 2016 : romance américaine de Drew Waters, avec Erin Bethea et Jonathan Patrick Moore.
  • Genre du thriller : traque, puis horreur de contamination, puis drame. Les trois, dans cet ordre.
  • Public visé : amateurs de tension lente, pas de spectacle. Images sanglantes et climat oppressant.
  • Ne pas confondre avec la série chinoise New Life Begins, qui capte une partie des recherches françaises.

Plusieurs films s’appellent New Life

lequel cherchez-vous ?

Le titre est banal au point d’avoir été réutilisé un nombre incalculable de fois, du documentaire confidentiel au téléfilm. Trois œuvres reviennent pourtant en boucle dans les recherches françaises, et elles n’ont rien à voir entre elles. Autant faire le tri tout de suite : c’est la première cause de déception sur cette requête.

Celui qui domine aujourd’hui les résultats est un thriller américain écrit et réalisé par John Rosman. Il a été produit en 2023 et distribué en salles aux États-Unis au printemps 2024 — les deux années circulent, ce qui explique une partie de la confusion. Durée : environ une heure vingt-cinq. C’est de lui qu’il sera question dans la suite.

Le deuxième est un drame romantique américain sorti en 2016, premier film derrière la caméra de l’acteur Drew Waters. Jonathan Patrick Moore et Erin Bethea y forment un couple que le récit suit depuis leur rencontre d’enfance jusqu’à une épreuve qui va les mettre à terre. Le film porte une distribution plus large qu’on ne le croit, avec notamment James Marsters et Terry O’Quinn dans des rôles secondaires. Registre sentimental assumé, mélodrame revendiqué, accueil critique nettement plus froid que pour son homonyme. Si vous cherchiez une histoire d’amour et que vous tombez sur une femme qui court dans les bois, vous vous êtes trompé de film.

Le troisième n’est pas un film. New Life Begins est une série chinoise en costumes, et une partie des recherches francophones atterrissent dessus. S’y ajoutent des jeux vidéo, des applications de remise en forme et une poignée de boutiques qui portent ce nom.

Thriller

New Life (2023-2024)

John Rosman, avec Sonya Walger et Hayley Erin. Une traque à deux voix qui glisse vers l’horreur. Environ 1 h 25. C’est celui que cherchent la plupart des gens.

Drame romantique

New Life (2016)

Drew Waters, avec Erin Bethea et Jonathan Patrick Moore. Une histoire d’amour sur toute une vie, jusqu’à l’épreuve. Aucun lien avec le précédent.

Série

New Life Begins

Série chinoise en costumes, souvent atteinte par erreur depuis cette requête. Ni le même titre exact, ni le même format, ni le même public.

Le thriller de John Rosman

l’histoire, sans rien divulgâcher

Une jeune femme, Jessica Murdock, remonte vers le nord des États-Unis. Elle voyage à pied, en stop, en évitant les axes principaux et les caméras. On ignore ce qu’elle fuit. On comprend simplement qu’elle ne peut pas s’arrêter.

En parallèle, une organisation lance à ses trousses une professionnelle, Elsa Gray, dont le métier consiste précisément à récupérer les gens qui ne veulent pas l’être. Elsa a ses propres difficultés, physiques celles-là, et elles vont peser sur la traque autant que sur ce qu’elle accepte de faire.

C’est tout ce qu’il faut savoir avant de lancer le film. La construction repose sur ce que le spectateur ignore au départ et sur le moment précis où il comprend. Une partie de la presse anglophone a choisi de dévoiler ce point, parfois dès le titre de sa critique. Ce n’est pas la meilleure façon de recommander un film, et on s’en abstiendra ici.

Un mot en revanche sur ce que le film n’est pas : ni film d’action, ni course-poursuite spectaculaire. Le rythme est tendu, jamais rapide. Ceux qui attendent un thriller nerveux à l’américaine trouveront la première demi-heure longue, et c’est le principal reproche qui lui est adressé.

Thriller, horreur ou drame

de quel film s’agit-il vraiment

C’est la question qui revient le plus, et la réponse honnête est : les trois, dans cet ordre.

Le film s’ouvre comme une traque classique, avec ses deux lignes narratives et son compte à rebours implicite. Il glisse ensuite vers un territoire nettement plus horrifique, du côté de la contamination, sans jamais basculer dans le film de monstres. Puis il se referme sur quelque chose de bien plus proche du drame intime, où la question n’est plus qui rattrapera qui.

Ce mélange est délibéré, et les entretiens donnés à la sortie du film le confirment : l’enjeu était de faire tenir ces registres ensemble sans que l’un annule l’autre. C’est le pari central du film, et aussi sa fragilité. Les spectateurs venus pour l’horreur pure le trouvent bavard. Ceux venus pour le drame trouvent certaines séquences difficiles à regarder. Peu de gens en sortent indifférents, et presque personne n’en sort en ayant vu ce qu’il croyait louer.

L’oppression, concrètement, ne vient pas d’effets de sursaut. Elle vient du silence des lieux traversés, de la répétition des motels et des stations-service, et du fait que la caméra reste sur les visages une seconde de trop. C’est un climat construit par le montage, pas par la bande-son.

Repère de genre

Si vous décidez de le regarder, sachez seulement que le film change de nature en cours de route. Savoir qu’il change suffit ; savoir comment gâcherait l’essentiel de son intérêt.

Deux femmes, deux courses

la construction du récit

Le montage alterne entre les deux trajectoires, et prend le temps de rendre les deux également compréhensibles. Ce parti pris fait beaucoup pour la tenue de l’ensemble.

Le thriller de traque fonctionne d’ordinaire sur une dissymétrie : on suit la proie, le chasseur reste une fonction. Ici, la chasseuse a un corps qui la lâche, une hiérarchie qui la pousse et un rapport très ambigu à la mission qu’on lui confie. Sonya Walger lui donne une fatigue crédible, très loin du personnage d’agent implacable que le rôle appelait.

En face, Hayley Erin porte l’essentiel du film avec peu de texte. Ce qui compte passe par le visage, la démarche, la manière d’observer une station-service avant d’y entrer. Tony Amendola complète la distribution dans un rôle plus court. L’ensemble tient sur trois ou quatre présences, ce qui est cohérent avec l’économie de la production.

Le film ne dit jamais pour qui il faut tenir. Cette indécision n’est pas un défaut de scénario, c’est son sujet.

Un thriller de traque où l’on comprend aussi bien celle qui fuit que celle qui la poursuit — et où cette symétrie devient le vrai sujet du film.

Un premier long-métrage, des moyens comptés

New Life est le premier long-métrage de John Rosman, qui en signe aussi le scénario. Cette double casquette se voit : le film a une idée directrice et s’y tient, sans les compromis habituels d’un scénario passé entre plusieurs mains.

Les moyens sont visiblement limités. Peu de décors, peu de personnages, beaucoup d’extérieurs naturels dans le nord-ouest américain. Le film en fait un argument plutôt qu’un handicap : les paysages vides servent le sentiment d’isolement, et l’absence de foule rend chaque rencontre inquiétante. C’est une contrainte de budget transformée en principe de mise en scène — le genre de choix qui distingue un premier film réussi d’un premier film bricolé.

L’accueil critique a été largement favorable, dans la presse spécialisée anglophone comme dans les festivals de genre où le film a d’abord circulé avant sa sortie commerciale. Les éloges portent moins sur l’idée de départ, qui a des précédents connus dans le cinéma de contamination, que sur la retenue de la mise en scène et sur le refus de la surenchère.

Les réserves existent et se répètent d’une critique à l’autre : une première partie qui met du temps à démarrer, un dispositif que les habitués du genre devinent avant qu’il ne soit révélé, et une fin que certains jugent trop appuyée. Mieux vaut le savoir avant de lancer le film que de découvrir en cours de route qu’on n’était pas le public visé.

Une précision utile sur les notes : les pourcentages affichés par les agrégateurs de critiques bougent à chaque avis ajouté et ne veulent pas dire grand-chose isolément. Deux ou trois critiques lues en entier renseignent bien mieux qu’un chiffre.

Ce que le film contient, pour décider en connaissance de cause

Le conseil « ça dépend de votre sensibilité » n’aide personne. Voici, sans rien révéler de l’intrigue, ce à quoi il faut s’attendre — et ce à quoi il ne faut pas s’attendre.

Ce que le film contientIntensitéCe qu’il ne contient pas
Violence physique et images sanglantesMarquée, par séquencesSurenchère gore continue
Tension prolongée, climat d’isolementPrésente du début à la finJump scares en rafale
Corps abîmés, maladie, dégradationFrontale mais brèveTorture complaisante
Rythme lent, longs plans silencieuxAssumé, surtout au débutAction, poursuites, spectacle

Le film convient plutôt à qui aime les thrillers atmosphériques, accepte qu’un récit prenne son temps, et s’intéresse à l’horreur quand elle sert autre chose qu’elle-même. Il convient nettement moins à qui cherche un divertissement léger, à qui supporte mal les images de contamination, ou à qui regarde un film en faisant autre chose : la tension repose sur des détails, et ces détails se ratent facilement.

Où le trouver aujourd’hui

Aucune liste de plateformes n’a de valeur durable. Les droits de diffusion changent de main régulièrement, et un article qui affirme « disponible sur telle plateforme » a de bonnes chances d’avoir tort quelques mois plus tard. À ce stade, on peut dire ceci — sous réserve : le film a bien été distribué en France, en vidéo à la demande d’abord, et il apparaît périodiquement dans des catalogues d’abonnement.

La méthode fiable consiste à passer par un moteur de recherche de disponibilité, qui recense en temps réel les offres légales de location, d’achat et d’abonnement pour un titre donné. Tapez le titre, ajoutez l’année 2024 pour écarter le drame de 2016, et vous obtiendrez l’état réel du catalogue au moment où vous cherchez. C’est trente secondes de vérification contre une soirée perdue sur le mauvais film.

New Life est-il un film d’horreur ?

En partie. Il démarre comme un thriller de traque, glisse vers l’horreur de contamination, puis se referme sur un registre dramatique. Il y a des images sanglantes et une tension prolongée, mais ni créature, ni surenchère. Un spectateur qui redoute l’horreur pure devrait le supporter ; un spectateur venu pour l’horreur pure risque de le trouver bavard.

Quelle différence entre le New Life de 2024 et celui de 2016 ?

Rien ne les relie sinon le titre. Celui de 2016 est un drame romantique réalisé par Drew Waters, avec Erin Bethea et Jonathan Patrick Moore. Celui de John Rosman, produit en 2023 et sorti en salles en 2024, est un thriller teinté d’horreur. Ajouter l’année à votre recherche suffit à lever l’ambiguïté.

Combien de temps dure le film de John Rosman ?

Environ une heure vingt-cinq. C’est court pour le genre, et cela sert le film : la tension ne se dilue pas et la seconde partie s’enchaîne sans temps mort.

Faut-il avoir vu autre chose avant ?

Non. Le film est autonome : ni suite, ni adaptation, ni épisode d’une franchise. Il s’inscrit dans une tradition de récits de contamination bien identifiée, mais aucune connaissance préalable n’est nécessaire pour le suivre.

Le film est-il tiré d’une histoire vraie ?

Non. Le scénario est une fiction originale écrite par John Rosman lui-même. Les lieux traversés existent, le récit non.

Où regarder New Life en France ?

La disponibilité évolue selon les accords de diffusion. Plutôt que de se fier à une liste publiée il y a plusieurs mois, mieux vaut passer par un moteur de recherche de disponibilité qui recense les offres légales en cours, en précisant l’année 2024 pour ne pas tomber sur l’homonyme.

Un premier film qui préfère l’inconfort à l’effet, et qui laisse au spectateur le soin de décider ce qu’il vient de regarder.