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La religion en Iran

un pays chiite et ses minorités

Un panorama clair et neutre : la domination du chiisme, la place des sunnites et le statut contrasté des minorités.

Portail et minarets de la mosquée d'Ispahan, en Iran, ornés de mosaïques bleues.
Réponse rapide

L’Iran est très majoritairement chiite : 90 à 95 % de la population suit l’islam chiite duodécimain, religion officielle de l’État. Les sunnites forment la première minorité (5 à 10 %), suivis de petites communautés chrétienne, juive, zoroastrienne et baha’ie au statut très inégal.

  • Chiisme duodécimain : 90 à 95 % de la population, religion d’État.
  • Sunnites : 5 à 10 %, surtout Kurdes, Baloutches et Turkmènes.
  • Minorités reconnues : chrétiens, juifs et zoroastriens.
  • Bascule chiite : imposée à partir de 1501 par les Safavides.

La religion dominante

le chiisme duodécimain

La réponse courte tient en une phrase : l’Iran est très majoritairement chiite. Entre 90 et 95 % de la population se rattache à l’islam chiite, et plus précisément à sa branche dite duodécimaine. C’est aussi la religion officielle de l’État, inscrite dans la Constitution. Cette donnée distingue nettement l’Iran de la plupart des pays musulmans, où c’est le sunnisme qui domine.

Le mot « duodécimain » mérite une explication, car il revient sans cesse à propos de l’Iran. Il désigne les chiites qui reconnaissent une lignée de douze imams, le douzième étant considéré comme caché et appelé à revenir. C’est de loin la principale école du chiisme dans le monde, et celle qui structure la vie religieuse iranienne. Retenir ce seul repère évite déjà la confusion la plus fréquente sur le pays.

ConfessionPart / effectif estiméStatut
Chiites (duodécimains)90 à 95 %Religion d’État
Sunnites5 à 10 %Minorité musulmane
Chrétiens≈ 300 000Reconnue par la Constitution
Zoroastriens≈ 35 000Reconnue par la Constitution
Juifs≈ 20 000Reconnue par la Constitution
Baha’is≈ 300 000Non reconnue

Les sunnites, première minorité musulmane

Tous les musulmans d’Iran ne sont pas chiites. Les sunnites représentent environ 5 à 10 % de la population, ce qui en fait la première minorité religieuse du pays. Leur présence n’est pas répartie au hasard : elle suit largement les lignes ethniques et régionales.

On trouve les principales communautés sunnites en périphérie du territoire. Les Kurdes, à l’ouest, les Baloutches, au sud-est, et les Turkmènes, au nord-est, sont en bonne partie sunnites. Cette géographie explique que la question religieuse se double souvent, en Iran, d’une question régionale et identitaire. Parler de minorité sunnite, c’est aussi parler de provinces frontalières et de groupes ethniques distincts du cœur persan chiite du pays. Ce point aide à lire l’actualité iranienne avec justesse : derrière le terme générique de « musulmans d’Iran » se cache une diversité de courants et de peuples qu’un simple pourcentage ne rend pas.

Les minorités religieuses reconnues

Au-delà de l’islam, l’Iran abrite plusieurs religions plus anciennes ou minoritaires. Trois d’entre elles ont un statut particulier : le christianisme, le judaïsme et le zoroastrisme sont reconnus par la Constitution. À ce titre, ces communautés disposent même de sièges réservés au Parlement, malgré leur faible effectif. Reconnaissance ne signifie pas pleine égalité — leur statut reste encadré et distinct de celui de la majorité chiite —, mais elles existent officiellement, ce qui les sépare d’autres groupes.

Christianisme

Arméniens et Assyriens

Quelques centaines de milliers de fidèles, souvent d’origine arménienne ou assyrienne. C’est la communauté chrétienne reconnue la plus nombreuse.

Judaïsme

Une présence millénaire

Ancienne de plusieurs millénaires sur ce territoire, la communauté juive est aujourd’hui réduite mais toujours présente et reconnue.

Zoroastrisme

L’héritage de la Perse

Religion de la Perse antique, antérieure à l’islam. Quelques dizaines de milliers de fidèles, mais un héritage culturel encore visible.

Les minorités non reconnues

Toutes les confessions ne bénéficient pas du même statut. La plus notable des minorités non reconnues est la communauté baha’ie. Par le nombre, elle représente la première minorité non musulmane du pays, devant les chrétiens. Pourtant, contrairement à eux, elle n’est pas reconnue par la Constitution iranienne.

Le bahaïsme est une religion née en Perse au XIXe siècle. Sa situation en Iran est durablement difficile, et de nombreuses organisations internationales documentent les discriminations dont ses membres font l’objet. Sans entrer dans la polémique, on peut retenir le fait central : il existe en Iran une frontière nette entre les minorités reconnues, qui disposent d’un cadre légal, et celles qui en sont privées. Cette distinction est essentielle pour comprendre le paysage religieux réel du pays, au-delà du seul partage entre chiites et sunnites.

Comment l’Iran est devenu chiite

Un fait surprend souvent : l’Iran n’a pas toujours été chiite. Pendant plusieurs siècles après la conquête islamique, la majorité des savants et de la population du territoire perse était sunnite. La bascule s’est jouée bien plus tard, et de manière assez brutale.

Le tournant date du début du XVIe siècle. À partir de 1501, la dynastie safavide impose le chiisme duodécimain comme religion d’État. C’est un choix politique autant que religieux : il sert à unifier le pays et à le distinguer de ses voisins, notamment de l’Empire ottoman sunnite. En quelques générations, par la conversion et la contrainte, la Perse devient le grand foyer chiite qu’elle est restée depuis.

Avant 1501 et l’arrivée des Safavides, le territoire perse était en majorité sunnite : l’identité chiite de l’Iran est d’abord le fruit d’une histoire nationale.

Repère historique

Religion et État aujourd’hui

Depuis la révolution de 1979, l’Iran est une République islamique : la religion chiite y occupe une place centrale dans les institutions et dans le droit. Le chiisme duodécimain n’est pas seulement la confession majoritaire, il est aussi le socle officiel du régime, ce qui imbrique étroitement le religieux et le politique.

Cette organisation explique que la frontière entre confessions ait des effets très concrets, du statut des minorités jusqu’à la vie quotidienne. Présenter ce lien relève du constat, pas du jugement : pour comprendre l’Iran contemporain, il faut tenir ensemble la donnée démographique — un pays massivement chiite — et la donnée institutionnelle — un État qui fait de cette confession le cœur de son fonctionnement.

L’Iran est-il chiite ou sunnite ?

L’Iran est massivement chiite : 90 à 95 % de sa population suit l’islam chiite duodécimain, qui est la religion officielle de l’État. Les sunnites n’en représentent qu’une minorité, ce qui distingue l’Iran de la plupart des pays musulmans, majoritairement sunnites.

Que signifie chiisme duodécimain ?

C’est la principale branche du chiisme. Elle reconnaît une lignée de douze imams, le douzième étant considéré comme caché et attendu. C’est l’école qui structure la vie religieuse iranienne et la forme de chiisme la plus répandue dans le monde.

Quelles religions minoritaires existent en Iran ?

Outre les sunnites, l’Iran compte des chrétiens (souvent arméniens ou assyriens), une ancienne communauté juive, des zoroastriens et des baha’is. Les trois premières sont reconnues par la Constitution ; les baha’is, première minorité non musulmane par le nombre, ne le sont pas.

Qu’est-ce que le zoroastrisme ?

C’est la religion de la Perse antique, antérieure à l’islam et longtemps dominante avant la conquête arabe. Ses fidèles ne sont plus que quelques dizaines de milliers en Iran, mais son héritage culturel reste présent et il fait partie des cultes reconnus.

Pourquoi l’Iran est-il devenu chiite ?

L’Iran a longtemps été majoritairement sunnite. C’est à partir de 1501, sous la dynastie safavide, que le chiisme duodécimain a été imposé comme religion d’État, par choix politique autant que religieux, pour unifier le pays et le distinguer de ses voisins.

Réduire l’Iran à un pourcentage de chiites en manque l’essentiel : un pays façonné par une histoire religieuse précise, où la majorité écrasante côtoie une mosaïque de confessions au statut très inégal.