Statue de la Vierge Marie dans la lumière d'une église, évoquant un cheminement spirituel
Actualités · Société

La religion de Gad Elmaleh

judaïsme et catholicisme

Juif séfarade fasciné par la Vierge Marie : ce que l’humoriste a vraiment dit de sa foi.

Réponse rapide

Gad Elmaleh est de culture et d’origine juive séfarade, une identité qu’il revendique. Il a aussi exprimé publiquement une fascination pour le catholicisme et la Vierge Marie, racontée dans son film « Reste un peu » (2022). Mais il a précisé n’être pas catholique : il parle d’un cheminement, pas d’une conversion tranchée.

  • Des origines juives : il a grandi dans la communauté juive séfarade de Casablanca.
  • Une fascination catholique : la Vierge Marie est au cœur de son attirance, depuis l’enfance.
  • Pas de baptême déclaré : il dit être « converti de cœur sans être baptisé ».
  • Une identité juive maintenue : « on naît juif, on meurt juif », résume-t-il.

C’est une question qui revient souvent quand on parle de Gad Elmaleh : quelle est, au juste, sa religion ? La réponse n’est pas aussi simple qu’un mot. Humoriste de culture juive séfarade, il a aussi exprimé, publiquement et longuement, une fascination pour le catholicisme et pour la Vierge Marie. Mais attirance spirituelle ne veut pas dire changement d’appartenance, et c’est précisément là que tout se joue. Faisons le point à partir de ce qu’il a lui-même raconté et mis en scène, sans déformer ni dramatiser.

Qui est Gad Elmaleh ?

Avant de parler de foi, un mot sur l’homme. Gad Elmaleh est un humoriste, acteur et auteur franco-marocain, né en 1971 à Casablanca. Il s’est fait connaître par ses one-man-shows et leurs personnages devenus cultes, puis par une carrière au cinéma des deux côtés de l’Atlantique, jusqu’à se lancer dans le stand-up en anglais aux États-Unis. C’est une figure familière du grand public, capable de remplir des salles autant que de jouer sur les nuances du langage.

Cette popularité explique en partie pourquoi ses questionnements intimes ont suscité autant d’intérêt. Quand une personnalité aussi exposée se met à parler de Dieu, de doute et de prière, cela intrigue forcément, surtout lorsque le sujet touche à la frontière entre deux religions. On attend d’un comique qu’il fasse rire, pas qu’il raconte une quête spirituelle ; le décalage a sans doute participé à l’écho rencontré.

Des origines juives séfarades

Gad Elmaleh a grandi dans une famille juive marocaine, au sein de la communauté juive de Casablanca. Le judaïsme séfarade est son héritage, sa culture d’origine, le cadre dans lequel il a été élevé. Cet ancrage n’est pas un détail biographique : il revient régulièrement dans sa manière de se présenter et de raconter d’où il vient.

Cette identité, il continue de la revendiquer. Quand son cheminement vers le catholicisme a fait parler de lui, il n’a jamais présenté les choses comme un reniement de ses racines juives, bien au contraire. La communauté juive de Casablanca, où il a grandi, est l’une des plus anciennes du monde arabe : un milieu de traditions, de fêtes, de mémoire familiale, dont l’empreinte se retrouve souvent, en filigrane, dans son humour. Garder cela en tête est essentiel pour ne pas mal lire ce qui a suivi.

Une fascination ancienne pour le catholicisme et la Vierge Marie

L’attirance de Gad Elmaleh pour le catholicisme n’est pas récente. Il la décrit comme remontant à l’enfance, à Casablanca. Il raconte être entré, enfant, dans une église, et avoir été profondément touché par une statue de la Vierge à l’Enfant. Cette image l’a accompagné, dit-il, bien au-delà de ce moment.

La Vierge Marie occupe d’ailleurs une place centrale dans son rapport au catholicisme. Il a confié qu’elle était la raison pour laquelle il aime cette religion, allant jusqu’à parler d’un amour. Cette attirance pour une figure maternelle et douce dit quelque chose de la manière dont il aborde la foi : par l’émotion et l’expérience sensible plutôt que par la doctrine. Mais il faut faire attention à une distinction qui change tout : éprouver une fascination spirituelle pour une figure ou une tradition, ce n’est pas la même chose qu’appartenir formellement à une religion.

Cette nuance n’a rien d’anecdotique. Beaucoup de personnes se disent touchées par la beauté d’un lieu de culte, d’un chant sacré ou d’un rituel qui n’est pas le leur, sans pour autant envisager de changer de religion. L’émotion esthétique et spirituelle peut traverser les frontières confessionnelles. Le cas de Gad Elmaleh en est une illustration particulièrement visible, parce qu’il l’a exprimée publiquement et sans détour, là où la plupart la vivent discrètement.

« Reste un peu » (2022), un film très personnel

Ce cheminement, Gad Elmaleh en a fait un film, « Reste un peu », sorti en salles en novembre 2022. Il s’agit d’une autofiction : il y joue son propre rôle et met en scène son parcours spirituel, quelque part entre la confession et l’humour. Mettre en scène sa propre famille pour parler de foi n’est pas un geste neutre. Le film tire une partie de sa force de cette sincérité : on n’y assiste pas à une démonstration, mais à une hésitation filmée, avec ses doutes et ses contradictions.

L’œuvre va plus loin que la simple anecdote. Ses parents, David et Régine, y apparaissent dans leur propre rôle, ce qui ancre le récit dans le réel familial. Les voir réagir, s’inquiéter ou s’interroger donne au film une tension particulière : il ne s’agit pas seulement d’un cheminement personnel, mais aussi de la manière dont une famille reçoit une telle annonce. On y voit aussi le comédien suivre des cours de théologie, notamment du côté du Collège des Bernardins, à Paris, ce qui montre une démarche réfléchie plutôt qu’une lubie passagère.

Et surtout, le film choisit le dialogue plutôt que l’opposition : la rabbine Delphine Horvilleur, figure du judaïsme libéral en France, y est présente. Le film ne raconte pas une religion contre une autre, mais une personne qui essaie de comprendre ce qui l’attire, sans tourner le dos à ce qu’elle est. Cette manière d’aborder la croyance, par la nuance et l’écoute plutôt que par la certitude, est sans doute ce qui a permis à « Reste un peu » de toucher des spectateurs de toutes confessions, et même des personnes sans religion.

Converti ? Baptisé ? La nuance essentielle

C’est ici que les malentendus se logent. Beaucoup de titres ont parlé de « conversion », parfois de manière catégorique. Or l’intéressé, lui, nuance nettement. Interrogé pour savoir s’il est catholique, il a répondu que non. Il a employé une formule éclairante : on peut être « converti de cœur sans être baptisé ». Autrement dit, une transformation intérieure, vécue, mais qui ne s’est pas traduite par l’acte formel du baptême.

On peut être converti de cœur sans être baptisé. Et on naît juif, on meurt juif.

Gad Elmaleh, en substance, à propos de son cheminement

Il a aussi renvoyé « la réponse au baptême » à son film, refusant de la livrer comme un communiqué. Et il rattache sa formule sur l’identité juive à la figure du cardinal Lustiger, ce juif devenu archevêque de Paris qui n’a jamais cessé de se dire juif. La conclusion honnête est donc celle-ci : un cheminement spirituel sincère et assumé publiquement, mais pas une rupture déclarée avec le judaïsme, ni un changement que l’on pourrait acter d’un mot. Ce n’est pas aussi net qu’un titre voudrait le faire croire.

Un parcours qui interroge le rapport aux religions

Au fond, l’histoire de Gad Elmaleh dépasse son cas personnel. Elle touche à la liberté spirituelle, à la possibilité d’être attiré par une autre tradition sans renoncer à la sienne, à l’idée que la foi puisse être une recherche plutôt qu’une case à cocher. Son témoignage met en lumière un terrain rarement abordé avec autant de franchise par une personnalité aussi exposée, là où beaucoup préfèrent garder ces questions pour la sphère privée.

Il y a aussi, dans sa démarche, quelque chose qui résonne au-delà de la religion : l’idée qu’une identité n’est pas forcément figée, qu’on peut être plusieurs choses à la fois sans se trahir. C’est sans doute pour cela que son cheminement a parlé à des gens très différents, croyants ou non. Chacun y a peut-être reconnu un peu de ses propres tiraillements, de ses appartenances multiples, de ses fidélités qui ne s’excluent pas.

Lui-même a observé que le sujet « crispe » en France, et que son film a, selon ses mots, libéré une parole sur les religions. Sa sortie a d’ailleurs provoqué des réactions contrastées : de la curiosité bienveillante, de l’émotion chez certains croyants, mais aussi de l’incompréhension de la part de ceux qui ont vu dans sa démarche une forme d’ambiguïté. C’est peut-être l’enseignement le plus durable de cette séquence : on peut parler de croyance, de doute et de quête sans verser dans la caricature, à condition d’accepter la nuance et de respecter l’intimité de chacun.

À retenir

La religion de Gad Elmaleh ne se résume pas à une étiquette. Il est de culture juive séfarade, identité qu’il revendique toujours, et il a publiquement exprimé une fascination profonde pour le catholicisme et la Vierge Marie, racontée dans son film « Reste un peu ». Mais il a précisé n’être pas catholique et a parlé d’une conversion « de cœur sans être baptisé ». Plutôt qu’une conversion tranchée, il faut y lire un cheminement, une quête intérieure qui laisse, volontairement, une part de mystère.

Quelle est la religion de Gad Elmaleh ?

Il est de culture et d’origine juive séfarade, identité qu’il continue de revendiquer. Il a par ailleurs exprimé publiquement une forte attirance pour le catholicisme, sans annoncer de conversion formelle.

Gad Elmaleh s’est-il converti au catholicisme ?

Il parle d’un cheminement spirituel et a évoqué l’idée d’être « converti de cœur sans être baptisé ». Il n’a pas déclaré avoir quitté le judaïsme, et présente sa démarche comme un dialogue plutôt qu’une rupture.

Gad Elmaleh a-t-il été baptisé ?

Interrogé, il a répondu qu’il n’était pas catholique et a renvoyé « la réponse au baptême » à son film. Rien, dans ses déclarations publiques, n’établit qu’il ait été baptisé.

De quoi parle le film « Reste un peu » ?

C’est une autofiction sortie en 2022, dans laquelle Gad Elmaleh met en scène son propre cheminement spirituel vers le catholicisme et son amour de la Vierge Marie. Ses parents y apparaissent dans leur propre rôle.

Gad Elmaleh a-t-il renié le judaïsme ?

Non. Il revendique son identité juive, résumée par sa formule « on naît juif, on meurt juif », et présente son rapport au catholicisme comme une fascination et un dialogue, pas comme un abandon de ses origines.

La religion de Gad Elmaleh, c’est finalement moins une réponse qu’une histoire de cheminement. Reste une question ouverte, celle que lui-même semble préférer à toute conclusion trop propre : et si l’on pouvait aimer une autre tradition sans cesser d’être ce que l’on est ?