Rangée de vestes en cuir et daim aux tons bruns et noirs suspendues sur un portant
Mode · Vêtements

Vêtements en A

la liste, les définitions et les faux amis

Les mots triés et définis pour une partie de Petit Bac — et les deux autres sens de « en A » dans la mode, la coupe et le bonnet.

Réponse rapide

Trois vêtements en A sont vraiment courants : l’anorak, l’abaya et l’aube. Au-delà, il faut aller dans le vocabulaire spécialisé ou ancien — académique, ao dai, amict, andrienne, abacost.

  • Côté accessoires, la lettre est plus riche : agrafe, aigrette, aiguillette, aumônière, aumusse, ascot, attifet, atours.
  • Trois pièges de catégorie : l’après-ski est une chaussure, l’argyle un motif, l’amazone désigne d’abord une cavalière.
  • Alpaga, angora, astrakan sont des matières, pas des vêtements — c’est l’erreur la plus recopiée.
  • « En A » a deux autres sens : la coupe en A, née d’une collection Dior de 1955, et le bonnet A en lingerie.

Les vêtements en A

la liste et ce que chaque mot désigne

Trois mots viennent tout de suite, et ils suffisent dans la plupart des parties.

L’anorak d’abord, veste imperméable à capuchon. Le mot vient de l’esquimau et il est attesté en français depuis 1906, d’abord pour les explorateurs polaires avant de descendre sur les pistes de ski. L’abaya ensuite, longue robe couvrante, souvent noire, portée par certaines femmes musulmanes ; le mot vient de l’arabe et il est entré tardivement dans les dictionnaires français. L’aube enfin, cette longue robe blanche liturgique, portée avec ou sans cordon à la taille.

L’académique

Ce n’est pas un adjectif égaré dans la liste : l’académique est une combinaison moulante qui couvre le corps des pieds aux épaules, portée par les danseurs et les gymnastes. On le confond souvent avec le justaucorps, qui s’arrête au haut du corps et laisse les jambes libres. Le mot est un terme de métier, absent des grands dictionnaires historiques, et son genre hésite selon les sources.

L’ao dai

La robe traditionnelle vietnamienne, longue tunique fendue portée sur un pantalon. Le nom signifie littéralement « vêtement long ». La graphie francisée courante est ao dai, sans accents.

L’amict

Un linge blanc, de forme carrée, que le prêtre pose sur ses épaules avant d’enfiler ses autres vêtements liturgiques. Le mot vient du latin chrétien amictus et il est attesté en français dès le XIIe siècle. C’est probablement le plus ancien vêtement de cette liste, et l’un des rares dont l’usage n’a jamais changé.

L’andrienne

Une robe de femme ample et tombante, avec des parements. Son nom vient d’une pièce de théâtre créée en 1703, L’Andrienne, dont l’actrice principale avait imaginé la robe. Le vêtement a disparu, le mot est resté dans les répertoires de vocabulaire ancien.

L’abacost

Le plus récent de la liste, et celui dont l’histoire est la plus lisible. L’abacost est un costume masculin congolais : une veste sans col, portée sans chemise ni cravate. Le nom est la contraction de « à bas le costume », dans le contexte de la politique d’authenticité menée au Zaïre dans les années 1970.

Le cas de l’amazone

Celui-là n’est pas un mot rare, c’est un faux ami, et il vaut mieux le traiter à part. Le mot désigne d’abord une cavalière, pas un vêtement. La tenue existe bien, mais elle se dit habit d’amazone, robe d’amazone ou jupe d’amazone. Écrire « une amazone » pour désigner un vêtement, c’est prendre la personne pour l’habit.

Les accessoires en A, du plus courant au plus oublié

La lettre A est nettement plus riche du côté des accessoires, à condition de les distinguer des vêtements.

L’agrafe est le plus banal et le plus ancien : ce crochet métallique qui réunit deux parties d’un vêtement est attesté depuis 1421. L’aiguillette a deux vies : c’était d’abord un cordon ferré aux deux bouts, qui servait à lacer le haut-de-chausses au pourpoint, et c’est aujourd’hui un ornement d’uniforme militaire dont la forme varie selon le grade.

L’aumônière désigne un petit sac plat porté pendu à la ceinture. L’aumusse est un capuchon fourré qui couvrait la tête et les épaules, devenu au fil des siècles un ornement que les chanoines portaient sur le bras gauche — un vêtement devenu insigne. À ne pas confondre avec l’amict, qui est un linge et se porte sous les autres vêtements : les deux mots se ressemblent, leurs étymologies n’ont rien à voir.

L’attifet est une parure féminine, et plus précisément, dans son sens historique attesté à la fin du XVe siècle, un petit bonnet pointu posé sur le front. Les atours, au pluriel, désignent l’ensemble de la parure d’une femme ; le mot survit surtout dans l’expression « dans ses plus beaux atours » et dans le titre de dame d’atour.

L’ascot est une cravate courte et large, nouée à plat, qui doit son nom à l’hippodrome anglais. On la confond régulièrement avec la lavallière, qui se noue en boucle souple. Enfin, l’alpargate est une chaussure de type espadrille, dont le nom espagnol apparaît en français dès la fin du XVIIIe siècle.

Ce n’est pas un vêtement

L’après-ski

C’est une chaussure : la botte fourrée qu’on enfile en quittant les skis. La confusion vient sans doute de la sonorité, qui évoque une tenue. Dans un jeu où les catégories comptent, il relève de la chaussure.

Ce n’est pas un vêtement

L’argyle

C’est un motif : des losanges colorés entrecroisés sur fond uni, traversés de fines rayures de contraste, qu’on trouve surtout sur des chaussettes et des pulls. Son origine se trouve dans un tartan écossais.

Ce n’est pas une plume

L’aigrette

Au sens vestimentaire, c’est l’ornement de plumes ou de pierreries qui surmonte une coiffure — chapeau, turban, bonnet militaire. Le mot désigne par ailleurs un échassier voisin du héron, et les plumes de cet oiseau.

Alpaga, angora, astrakan

des matières, pas des vêtements

C’est l’erreur que recopient la plupart des listes disponibles en ligne, et elle coûte des points dans une partie sérieuse.

L’alpaga est un camélidé des Andes, entre le lama et la vigogne ; par métonymie, le mot désigne l’étoffe faite de sa laine. Ce n’est donc ni un vêtement, ni même à l’origine un textile.

L’angora n’est pas une espèce animale mais un caractère : l’adjectif qualifie les chats, chèvres et lapins à poils longs et soyeux, et le nom vient du toponyme Angora, ancien nom d’Ankara. La laine a pris le nom de l’animal, qui avait pris celui de la ville.

L’astrakan est une fourrure bouclée, préparée à Astrakan, sur la Caspienne, et le mot désigne par extension un tissu d’aspect bouclé. Il est attesté en français depuis 1775. À ces trois-là s’ajoutent l’acétate, qui est d’abord un terme de chimie et dont l’usage textile est une ellipse d’acétate de cellulose, et l’abaca, bananier des Philippines qui fournit la fibre dite chanvre de Manille.

Un cas particulier

L’alcantara circule dans ces listes comme s’il s’agissait d’une matière. C’est une marque déposée, propriété d’une société italienne. Le terme générique correspondant est la microfibre suédée. Employer un nom de marque comme un nom commun est une facilité que les listes recopient sans jamais le signaler.

MotCatégorie réelleCe qu’il désigne
AnorakVêtementVeste imperméable à capuchon
AbayaVêtementLongue robe couvrante
AubeVêtementRobe blanche liturgique
AcadémiqueVêtementCombinaison moulante de danse
AmictVêtementLinge blanc posé sur les épaules
AgrafeAccessoireCrochet réunissant deux parties
AigretteAccessoireOrnement surmontant une coiffure
AscotAccessoireCravate courte et large nouée à plat
Après-skiChaussureBotte fourrée d’après-piste
AlpagaMatièreLaine du camélidé andin
AstrakanMatièreFourrure bouclée
ArgyleMotifLosanges entrecroisés sur fond uni

« Coupe en A »

quand « en A » ne parle plus de la lettre

Il existe un second sens à cette requête, et il n’a rien à voir avec un jeu de lettres. En mode, « en A » désigne une silhouette : un vêtement ajusté en haut qui s’élargit progressivement vers le bas, comme la lettre A majuscule.

L’expression a une origine précise et datée. Elle vient de Christian Dior, qui baptise ainsi sa collection haute couture du printemps-été 1955. Le procédé n’avait rien d’exceptionnel chez lui : nommer chaque collection par une lettre ou un mot était sa méthode. La ligne A s’inscrit d’ailleurs dans une séquence, entre la ligne H de l’automne-hiver 1954, qui uniformisait épaules, taille et hanches dans une silhouette rectangulaire, et la ligne Y de l’automne-hiver 1955, qui reportait l’accent sur le haut du corps.

Le texte de présentation d’époque parlait d’une silhouette « plus libre, plus évasée », où la taille garde sa place sans être trop marquée. Et la pièce la plus commentée de cette collection n’était pas une robe triangulaire : c’était une veste évasée descendant jusqu’au bout des doigts, portée sur une jupe plissée très ample. On est donc assez loin de ce qu’on appelle aujourd’hui une coupe en A.

La forme moderne doit en réalité beaucoup à ce qui a suivi. Christian Dior meurt le 24 octobre 1957. Yves Saint Laurent, alors âgé de vingt et un ans, lui succède à la direction artistique de la maison, et présente le 30 janvier 1958 sa première collection : la ligne Trapèze, pour le printemps-été 1958. C’est elle qui fixe l’idée dans sa version définitive, et c’est un succès.

La nuance entre les deux mérite d’être posée, parce qu’elle explique une confusion courante. Techniquement, la ligne A s’évase à partir de la taille ou des hanches, en conservant une taille. Le trapèze s’évase dès les épaules et abandonne complètement la taille : le vêtement ne suit plus le corps, il flotte autour. Historiquement distinctes, donc. Dans l’usage commercial français d’aujourd’hui, « ligne A », « coupe trapèze » et « coupe évasée » sont employés comme des synonymes, notamment dans le vocabulaire de la robe de mariée.

L’erreur fréquente, c’est d’attribuer la robe trapèze à Christian Dior. Il était mort depuis plus de trois mois quand elle a été présentée.

Dior a donné le nom, Saint Laurent a donné la forme. Les deux réponses circulent, et aucune des deux n’est tout à fait fausse.

Le bonnet A, l’autre A de la garde-robe

Il y a un troisième A dans le vestiaire, et pour beaucoup de lectrices c’est même le premier qui vient à l’esprit.

Une taille de soutien-gorge se lit en deux temps. Le chiffre correspond au tour de dos, mesuré juste sous la poitrine, sans serrer. La lettre, elle, ne mesure pas un volume absolu : elle traduit l’écart entre le tour de poitrine, pris au point le plus fort, et ce tour de dos. Dans le système français, chaque bonnet correspond à un pas d’environ deux centimètres, et le bonnet A se situe autour de treize centimètres d’écart. C’est le plus petit bonnet de la gamme courante, même si des bonnets plus petits existent chez les spécialistes.

Ces valeurs sont des points centraux, pas des seuils. Un écart de quatorze centimètres n’est pas une anomalie : il tombe simplement entre deux bonnets, et les tables commerciales raisonnent par intervalles.

Surtout, ce n’est pas une norme contraignante. Une norme européenne de désignation des tailles existe, mais son application relève de l’harmonisation volontaire, et chaque marque coupe ses modèles à sa façon. Le constat est facile à vérifier : il suffit de comparer les guides de taille publiés par deux grandes enseignes françaises pour trouver une même mesure de tour de dos rangée dans deux tailles différentes. Deux soutiens-gorge étiquetés à la même taille ne tomberont donc pas forcément de la même manière. Ce n’est pas une erreur de mesure de votre part.

Lire une étiquette

La taille française correspond à la taille européenne augmentée de quinze : un 90 français est un 75 européen, et la lettre ne bouge pas. Les correspondances avec les tailles britanniques et américaines, elles, sont approximatives — le pas de bonnet n’y est pas le même, et les équivalences dérivent sur les grands bonnets.

Petit Bac et mots croisés

ce qui passe, ce qui se conteste

Les mots solidement installés dans les dictionnaires d’autorité passeront sans discussion. C’est le cas de l’anorak, de l’aube, de l’amict, de l’aumusse, de l’aigrette, de l’agrafe, de l’aiguillette, de l’attifet, des atours, ainsi que de l’alpaga, de l’angora, de l’astrakan et de l’acétate côté matières.

D’autres sont plus fragiles, non parce qu’ils seraient fautifs, mais pour une raison de calendrier. Les grands dictionnaires historiques ont arrêté d’enrichir leur nomenclature il y a plusieurs décennies : un mot entré dans l’usage depuis peut donc en être absent sans rien avoir d’incorrect. L’abaya, l’ascot, l’abacost, l’académique au sens vestimentaire ou l’aumônière au sens de petit sac figurent ainsi dans les dictionnaires d’usage courant, régulièrement mis à jour, sans apparaître dans les répertoires les plus anciens.

D’où une méthode simple, qui évite les disputes : choisir le dictionnaire de référence avant la partie, pas pendant. Celui qui tranche, c’est l’ouvrage désigné à l’avance, pas celui qui arrange le joueur qui conteste.

Et si la partie se joue sur la précision plutôt que sur le nombre de points, le vrai coup se trouve du côté des mots qu’on croit connaître : l’après-ski qui n’est pas un vêtement, l’aigrette qui n’est pas une plume, l’amazone qui n’est pas une robe.

Quels sont les vêtements les plus courants commençant par A ?

L’anorak, l’abaya et l’aube arrivent en tête, et ce sont les trois seuls que tout le monde connaît. Viennent ensuite l’ao dai, robe traditionnelle vietnamienne, et l’académique, la combinaison moulante des danseurs. Les autres — amict, andrienne, abacost — relèvent du vocabulaire historique ou régional.

Est-ce que « alpaga » compte comme un vêtement ?

Non. L’alpaga est un camélidé des Andes, et par extension l’étoffe tissée à partir de sa laine. C’est donc une matière, au même titre que l’angora ou l’astrakan. Dans un Petit Bac où les catégories sont séparées, il ne passe pas dans la colonne « vêtement ».

Qu’est-ce qu’une coupe en A ?

Une silhouette ajustée en haut qui s’élargit progressivement vers l’ourlet, comme la lettre A majuscule. L’expression vient de la collection haute couture du printemps-été 1955 de Christian Dior, baptisée « ligne A ». La forme moderne qu’on lui associe aujourd’hui doit toutefois davantage à la ligne Trapèze présentée par Yves Saint Laurent en janvier 1958.

Ligne A et robe trapèze, est-ce la même chose ?

Pas à l’origine. La ligne A s’évase à partir de la taille ou des hanches et conserve une taille marquée ; le trapèze s’évase dès les épaules et l’abandonne, si bien que le vêtement ne suit plus le corps. L’usage commercial actuel, lui, emploie les deux termes indifféremment, en particulier dans le vocabulaire de la robe de mariée.

À quoi correspond un bonnet A ?

À un écart d’environ treize centimètres entre le tour de poitrine et le tour de dos mesuré sous la poitrine, dans le système français, où chaque bonnet représente un pas d’environ deux centimètres. C’est une convention commerciale largement partagée, pas une norme contraignante : deux marques peuvent tailler différemment pour la même mesure.

Quel est le vêtement en A le plus ancien ?

L’amict, ce linge blanc carré posé sur les épaules sous les vêtements liturgiques, attesté en français dès le XIIe siècle. Son usage n’a pratiquement pas varié depuis, ce qui en fait un cas rare : la plupart des mots de cette liste désignent des vêtements disparus ou profondément transformés.

Une lettre suffit à révéler le désordre du vocabulaire de la mode, où l’animal donne son nom à la laine, la ville à l’animal, et la marque à la matière.